Résumé
L’âgisme, la discrimination fondée sur l’âge, est aujourd’hui reconnu comme un déterminant social majeur de la santé. Il fragilise la qualité de vie, mine la cohésion sociale et pèse sur l’économie mondiale. En France, une personne sur trois déclare avoir été victime de l’âgisme. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a récemment publié un rapport global proposant des stratégies concrètes pour identifier, mesurer et combattre ce phénomène. À travers ses recommandations et un questionnaire mesurant l’âgisme, elle invite les États à construire des sociétés plus inclusives, où chaque individu peut s’épanouir à tout âge.
Abstract
Fight against ageism : the WHO recommendations for a society of better longevity
Ageism, discrimination based on age, is now recognized as a major social determinant of health. It undermines quality of life, weakens social cohesion, and weighs heavily on the global economy. In France, one in three people reports having been a victim of ageism. The World Health Organization (WHO) has recently released a global report proposing concrete strategies to identify, measure, and combat this phenomenon. Through its recommendations and questionnaire monitoring the ageism, the WHO calls on countries to build more inclusive societies where every individual can thrive at anyage.
Introduction
Le terme “âgisme” fut introduit en 1969 par le gérontologue américain Robert Butler, premier directeur du National Institute on Aging. Il a été défini par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme l’ensemble des stéréotypes, préjugés et discriminations envers une personne en raison de son âge [1]. Contrairement à d’autres formes de discrimination, comme le sexisme et le racisme, il est socialement accepté et généralement non remis en question, en raison de sa nature largement implicite et inconsciente [2]. Bien que l’âgisme puisse toucher tous les âges, il affecte particulièrement les personnes âgées, non seulement en compromettant leur santé, leur bien-être et leur autonomie, mais aussi en réduisant leur espérance de vie, en accélérant leur déclin cognitif, en favorisant l’isolement social, en provoquant une fragilisation psychologique et en augmentant leur vulnérabilité à la maltraitance. Selon le rapport de l’OMS, à l’échelle mondiale, une personne sur deux manifeste des attitudes âgistes envers les seniors [3]. En France et en Europe, près d’une personne sur trois déclare en avoir été victime [3]. Pourtant, la plupart peinent encore à définir précisément ce terme. Parfois, l’âgisme se manifeste sous une forme “bienveillante” : on pense protéger les aînés, mais on les prive en réalité d’autonomie et de pouvoir décisionnel. Selon l’OMS, l’âgisme constitue un déterminant social majeur de la santé. Une revue systématique mondiale (422 études, 45 pays) a révélé que dans 96 % des cas, l’âgisme était associé à de moins bons résultats de santé : morbidité accrue, mortalité prématurée, troubles cognitifs, dépression et comportements à risque [4]. En 2021, l’OMS estimait que 6,3 millions de cas de dépression étaient directement liés à l’âgisme [5]. Cette discrimination est donc non seulement injuste, mais dangereuse pour la santé publique. L’âgisme a un coût économique massif. Aux États-Unis, une étude réalisée dans une entreprise de 10 000 employés a estimé les pertes liées à la discrimination par l’âge à 600 000 dollars par an, via l’absentéisme, estimée à 5 000 par jour, et le désengagement [6]. En Australie, une hausse de seulement 5 % de l’emploi des 55 ans et plus générerait 48 milliards de dollars australiens supplémentaires pour l’économie [7]. En France, alors que la population vieillit, la valorisation des seniors dans l’emploi devient essentielle. Lutter contre l’âgisme n’est pas une question de justice sociale seulement, c’est aussi un levier économique majeur pour la société française. Face à l’ampleur du phénomène, l’OMS appelle à une mobilisation mondiale pour réduire l’âgisme sous toutes ses formes et construire une société intergénérationnelle plus juste.
L’âgisme institutionnel : l’inégalité dissimulée
L’âgisme institutionnel englobe les lois, normes et pratiques qui désavantagent systématiquement les individus en raison de leur âge. Souvent implicite, il est intégré aux structures sociales et peut être justifié par des arguments économiques ou organisationnels. Dans le monde du travail, plusieurs revues ont montré que l’âgisme se manifeste à toutes les étapes du cycle professionnel : lors du recrutement, pendant l’emploi et au moment du licenciement ou du départ à la retraite [8, 9]. Ce type d’âgisme peut limiter les revenus des travailleurs âgés. Par exemple, une revue systématique de 60 études a révélé que les employeurs étaient moins enclins à embaucher des candidats âgés, que ces derniers avaient un accès réduit à la formation, et que ceux confrontés à l’âgisme sur leur lieu de travail étaient plus susceptibles de prendre une retraite anticipée [4]. Une méta-analyse portant sur les effets de l’âgisme au travail a montré que le processus d’embauche, la progression de carrière, les évaluations de performance et l’évaluation des compétences interpersonnelles étaient tous touchés par les préjugés liés à l’âge [10]. Par exemple, en Espagne, lorsque des employeurs ont reçu des curriculum vitae de candidats plus âgés et de candidats plus jeunes présentant des caractéristiques équivalentes, les candidats plus jeunes ont été systématiquement favorisés dans six professions différentes [11]. Dans cette étude, les candidats de 28 ans avaient un taux de rappel pour un entretien supérieur de 77 % à celui des candidats de 38 ans. Le désavantage subi par les travailleurs plus âgés s’accentue dans les emplois nécessitant une formation spécialisée ou dans les milieux soumis à des changements technologiques rapides. Ces résultats sont corroborés par une enquête de perception publique réalisée en 2015, qui a montré que plus de la moitié des Européens estimaient que l’âge constituait un désavantage pour les candidats de 55 ans et plus, contre seulement 16 % pour les demandeurs d’emploi de moins de 30 ans [12]. Dans le domaine de la santé, l’âgisme se traduit par des décisions thérapeutiques différenciées selon l’âge. Une étude a révélé que pour chaque décennie supplémentaire, les décisions de retrait de traitements vitaux augmentaient de 12 à 19 %. Par exemple, durant la crise du Covid-19, certaines directives hospitalières ont instauré des critères de triage presque exclusivement fondés sur l’âge, excluant les patients de plus de 70 ou 75 ans des soins intensifs, indépendamment de leur état global. Dans les Ehpad, les mesures strictes d’isolement ont aggravé la solitude, la dépression et le déclin cognitif des résidents. Ainsi, dans le monde professionnel comme dans la santé, l’âgisme institutionnel influence l’accès aux opportunités, la qualité des soins et la participation sociale, renforçant les inégalités et l’exclusion des personnes âgées.
L’âgisme interpersonnel : le conflit programmé intergénérationnel
Ce type d’âgisme se manifeste au quotidien, dans les relations familiales, amicales ou professionnelles. Il commence dès l’enfance, à travers les stéréotypes que les enfants assimilent de leur environnement, notamment par les livres, films, dessins animés et autres supports conçus pour eux. Ces représentations mettent principalement l’accent sur les aspects négatifs et caricaturaux du vieillissement, présentant souvent l’âge comme un déclin inévitable des capacités physiques et mentales, ainsi qu’une période de dépendance. Un passage tiré du livre pour enfants de Roald Dahl, La potion magique de Georges Bouillon, illustre bien cet “endoctrinement” des enfants aux stéréotypes et préjugés à l’encontre des personnes âgées : « La plupart des grand-mères sont d’adorables vieilles dames, gentilles et serviables, mais pas celle-là. Elle passait sa journée, toutes ses journées, assise dans son fauteuil, près de la fenêtre, et elle était tout le temps en train de se plaindre, de bougonner, de ronchonner, de râler et de pester sur tout et sur rien. » Ces stéréotypes, qu’ils soient conscients ou non, persistent souvent jusqu’à l’adolescence et à l’âge adulte, contribuant à la construction d’une hiérarchie psychologique défavorable aux personnes âgées et alimentant ainsi l’âgisme institutionnel. L’âgisme interpersonnel peut se manifester par un langage infantilisant, des décisions imposées (« Laisse, tu es trop vieux pour ça ») ou des propos condescendants (Fig. 1). Ces comportements nuisent à l’estime de soi et renforcent l’isolement des seniors.
Figure 1 – L’âgisme interpersonnel, moteur silencieux de l’âgisme institutionnel.
En se manifestant au quotidien dans les relations sociales, l’âgisme interpersonnel façonne et renforce les normes collectives, les stéréotypes et pratiques discriminatoires structurelles présentes dans les institutions.
Cependant, l’âgisme a également un effet rétroactif. À long terme, les personnes qui adoptent des attitudes âgistes deviennent elles-mêmes victimes de stéréotypes liés à l’âge. Cette perception négative du vieillissement semble avoir une répercussion réelle sur la santé. Une étude récente a montré que les stéréotypes négatifs sur l’âge, lorsqu’ils sont intégrés tôt dans la vie, prédisent une moins bonne santé à l’âge adulte [13]. Dans une cohorte de 440 participants âgés de 18 à 49 ans, les personnes présentant des stéréotypes négatifs lors de l’évaluation initiale étaient significativement plus susceptibles de subir un événement cardiovasculaire au cours des 38 années suivantes, après ajustement pour les facteurs de risque pertinents, tels que les antécédents familiaux de maladies cardiovasculaires. De plus, dans un sous-échantillon plus jeune de 229 individus âgés de 18 à 39 ans, ceux qui détenaient des stéréotypes négatifs à l’évaluation initiale avaient deux fois plus de risques d’avoir un événement cardiovasculaire après 60 ans que ceux qui avaient des stéréotypes positifs, toujours après ajustement des covariables pertinentes [13].
L’âgisme auto-dirigé : l’ennemi intérieur
L’âgisme auto-dirigé correspond à une forme “d’auto-discrimination” que s’infligent les personnes âgées. En effet, elles internalisent les stéréotypes liés au vieillissement. Convaincues d’être fragiles ou inadaptées, elles s’autolimitent et renoncent à certaines activités, à l’apprentissage ou à la vie sociale (Fig. 2).
Figure 2 – L’âgisme auto-dirigé.
L’intégration des stéréotypes liés à l’âge conduit à l’auto-censure et à l’auto-limitation, créant un cercle vicieux de retrait social et de fragilité.
Ce phénomène, souvent renforcé par le regard social, diminue le potentiel de santé et d’autonomie. Ce désengagement volontaire s’apparente à un retrait personnel, accentué par la peur de décevoir, d’être jugé ou de ne pas “mériter” d’être actif à un âge avancé, créant ainsi un cercle vicieux d’exclusion et d’auto-stigmatisation. Selon la théorie formulée par Becca R. Levy, dite “théorie de l’incarnation” (Stereotype Embodiment Theory, SET) [14]. Ces stéréotypes d’âge sont internalisés de manière inconsciente et se manifestent lorsque la personne se reconnaît comme “âgée”. Ces stéréotypes négatifs peuvent induire chez certaines personnes des symptômes d’anxiété ou de dépression, déclenchant des réponses physiologiques de stress, telles qu’une élévation de l’inflammation et la production d’hormones de stress comme le cortisol, les catécholamines et la vasopressine. Cela accroît ainsi les risques de maladies chroniques, d’événements cardiovasculaires et de fragilité [15-17]. Plusieurs études montrent l’effet négatif de l’âgisme auto-dirigé sur la santé et l’espérance de vie. Dans une étude portant sur 660 personnes de plus de 50 ans [18], il a été observé que les individus ayant des perceptions positives du vieillissement (self-perceptions of aging, SPA) vivent en moyenne 7,5 ans de plus que ceux présentant des perceptions négatives, après ajustement pour le sexe, l’âge, le statut socio-économique, l’état fonctionnel et l’isolement social. Ces résultats sont corroborés par un autre rapport, montrant un risque accru de décès pouvant atteindre 20 % sur 6 ans pour les individus ayant une SPA négative [19]. Une étude longitudinale menée sur 433 personnes de plus de 50 ans, suivies pendant 20 ans, a montré que celles avec une SPA positive au début de l’étude présentaient une meilleure santé fonctionnelle (mobilité, autonomie) jusqu’en 1995 [20]. De plus, les personnes âgées ayant une perception positive du vieillissement avaient 44 % plus de chances de se rétablir complètement d’un handicap sévère [21]. L’âgisme auto-dirigé affecte également le recours aux soins. Des données prospectives portant sur 4 735 hommes et femmes d’âge moyen de 69 ans montrent que les SPA positives sont associées à un taux significativement plus faible d’hospitalisation sur une période de 4 ans [22]. Enfin, l’impact de l’âgisme auto-dirigé sur la santé générale, mortalité, morbidité, santé mentale, accès aux soins et maladies chroniques a été confirmé dans une méta-analyse internationale regroupant 422 études réalisées dans 45 pays, avec plus de 7 millions de participants [4].
L’âgisme en France : comment se situe-t-elle face aux autres pays ?
Selon une idée largement répandue, les cultures d’Asie du Sud-Est, notamment en Chine, en Inde, au Japon, aux Philippines et au Vietnam, accorderaient traditionnellement un plus grand respect aux personnes âgées que les cultures occidentales, en particulier les pays anglophones et européens. Cette perception s’appuie sur l’hypothèse que des valeurs collectivistes fortes, comme la piété filiale issue du confucianisme, protégeraient davantage les personnes âgées et réduiraient l’âgisme interpersonnel. Cependant, cette hypothèse a été remise en question par une méta-analyse publiée en 2015, regroupant 37 études menées dans 23 pays et totalisant 21 093 participants [23]. Les résultats montrent au contraire un schéma inverse : les attitudes envers les personnes âgées apparaissent globalement plus négatives en Asie de l’Est et du Sud-Est, tandis que les cultures anglophones (Australie, Canada, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni, États-Unis) et plusieurs pays européens (Autriche, Danemark, Grèce, Suède) expriment des attitudes plus positives [23]. Au sein de l’Europe, les Européens non anglophones manifesteraient les attitudes les plus négatives envers les personnes âgées, comparés aux populations nord-américaines et anglophones. Dans ce contexte, la France, avec la Suisse, présente même des perceptions plus négatives que celles observées dans plusieurs pays d’Asie du Sud-Est [23].
L’échelle de l’OMS pour mesurer “l’âgisme”
À la suite de la méta-analyse de Chang et al. [4] montrant que l’âgisme est associé à des résultats de santé défavorables, et dans le cadre du rapport mondial sur l’âgisme publié par l’OMS en 2021, l’OMS a développé une échelle standardisée permettant de mesurer l’ampleur de l’âgisme. Conçue sous forme de questionnaire, cette échelle évalue les perceptions à l’égard des personnes âgées (Tab. 1). Bien qu’elle soit disponible en dix langues, elle n’existe pas encore en français, et d’autres traductions sont nécessaires pour renforcer son utilisation, notamment dans les régions vieillissantes où les données sont limitées. Son format flexible permet de l’adapter aux adolescents comme aux adultes, offrant ainsi la possibilité d’étudier l’âgisme tout au long de la vie et dans des contextes intergénérationnels. Toutefois, une attention particulière est requise pour les participants de moins de 18 ans ou présentant des troubles cognitifs, afin d’assurer leur compréhension et de mettre en place des procédures de consentement adaptées. L’échelle peut être utilisée tant pour les enquêtes générales que pour les études ciblées sur des populations spécifiques, y compris des groupes marginalisés exposés à l’âgisme.
Tableau 1 – Êtes-vous âgiste ? Questionnaire de l’OMS pour mesurer l’âgisme (traduit de la version anglaise).
Conclusion
L’incidence de l’âgisme pour la santé publique est claire, l’âgisme n’est pas seulement une question d’éthique ou de justice sociale : il représente une menace tangible pour la santé des populations âgées, et par conséquent pour les systèmes de santé et la société dans son ensemble. Les recommandations récentes de l’OMS insistent sur trois leviers prioritaires : 1) éduquer et sensibiliser, dès le plus jeune âge, pour transformer les représentations du vieillissement ; 2) favoriser les interactions intergénérationnelles, garantes de solidarité, d’empathie et de transmission ; et 3) réformer les institutions, afin d’assurer une égalité réelle d’accès aux soins, à l’emploi et aux droits, quel que soit l’âge. Combattre l’âgisme, c’est préparer la société de demain, une société de la longévité, où chacun, jeune ou vieux, pourra vivre, contribuer et vieillir dignement.
L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêt en rapport avec le contenu de cet article.
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