La revue didactique en médecine gériatrique

Activité de cuisine thérapeutique dans un service de SSR gériatrique de la métropole lilloise

Le plaisir de la table est de tous les âges. Cependant, les personnes âgées entretiennent un rapport parfois complexe à l’alimentation. La perte d’autonomie, certaines pathologies ou encore la solitude peuvent notamment perturber les prises alimentaires. Pourtant, leurs besoins nutritionnels augmentent, et cette inadéquation entre les apports et les besoins entretient la spirale infernale de la dénutrition. Depuis ce début d’année 2019, la culinothérapie a vu le jour au sein du Service de soins de suite et réadaptation gériatrique de l’Hôpital Saint-Vincent-de-Paul. Tous les 15 jours, un groupe de patients est encadré par un binôme diététicienne/ergothérapeute. L’axe nutritionnel est développé, les besoins du patient sont identifiés, et des conseils adaptés sont délivrés au regard des recommandations médicales. Cet atelier est un dispositif de rééducation permettant de réapprendre des automatismes oubliés, et de travailler la motricité en stimulant de façon ludique et divertissante la mémoire. L’objectif global de cet atelier est de réaliser une évaluation complète des capacités du patient pour mieux l’accompagner vers sa sortie. Les patients inclus sont ceux qui ont accepté de participer après avoir été sélectionnés lors du staff multidisciplinaire. Vingt-et-un patients d’âge moyen de 86 ans ont bénéficié de l’activité (GIR moyen : 4/6, MMSE moyen : 23/30). L’albuminémie moyenne est de 27 g/l. Quatorze des 21 patients présentaient une dénutrition protéino-énergétique sévère. Les critères sont évalués par une échelle numérique : objectifs, bien-être, difficultés (motrices, mnésiques, concentration), satisfaction de la séance. Aucun des critères n’est statistiquement significativement associé à la présence de troubles cognitifs. L’analyse des difficultés lors de l’atelier montre une concordance entre la dépendance évaluée par le GIR et les difficultés mnésiques (p = 0,0062) et de concentration (p = 0,0035). L’activité est positive pour les patients, leur satisfaction moyenne est de 4/5. Toutefois, le temps imparti pour un faible effectif pose des problématiques organisationnelles.

 

L’auteur déclare ne pas avoir de lien d’intérêt.