Le robot Clara en expérimentation à Troyes

Le robot Clara en expérimentation à Troyes

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En mai dernier, le robot Clara a franchi les portes du Centre de rééducation et de réadaptation fonctionnelle (CRRF) Pasteur de Troyes, l’idée étant d’évaluer son intérêt en situation réelle et son acceptation par les patients et soignants. Fruit d’une collaboration franco-espagnole, le projet est avant tout porté par le Living Lab ActivAgeing de l’université de technologie de Troyes, dédié à la prévention de la perte d’autonomie de la personne âgée. « Pour concevoir ce robot, nous avons travaillé avec des gériatres dont le Pr Jean-Luc Novella du CHU de Reims, des directeurs d’Ehpad ou de soins de suite et de réadaptation… », explique Dimitri Voilmy, responsable du Living Lab de Troyes. L’intérêt du robot est de réaliser des tâches habituellement réservées aux soignants, afin que ceux-ci aient plus de temps à accorder à la discussion avec les patients, au relationnel et au plan personnalisé de soin. Pour l’instant, le robot Clara est conçu pour effectuer deux tests gériatriques standardisés, le test d’indice de Barthel et le test du Get up and go, respectivement pour évaluer les capacités fonctionnelles dans la vie quotidienne et l’équilibre. « Dans le cas du test Get up and go, le robot permet une analyse objective via un score généré par un algorithme », indique Karine Lan, chercheuse au Living Lab. Car, en temps normal, les soignants évaluent les performances du patient à l’oeil. « Par ailleurs, le robot enregistre et conserve les vidéos, ce qui facilite le suivi à long terme », ajoute la chercheuse.
En à peine 3 mois, Clara a réalisé 25 tests de Barthel et une vingtaine de Get up and go au CRRF de Troyes. Le robot étant en phase d’essai, il s’agissait avant tout d’en évaluer l’accessibilité. Il propose ainsi trois modalités de réponse (écran tactile, technologie vocale, manette) afin d’être accessible au plus grand nombre de patients. « La manette est la modalité de réponse préférée », indique Karine Lan, qui précise que parler à un robot n’est pas très naturel et reste étrange pour certains patients. L’objectif était aussi de tester sa fiabilité et ses performances en situation réelle. Les chercheurs se sont par exemple rendu compte qu’un environnement agité autour du patient pouvait perturber le robot. « Mais en situation réelle, on n’aura jamais une salle vide avec un fond blanc derrière le patient », remarque Karine Lan. L’algorithme a donc été perfectionné en ce sens et le robot est retourné à l’université de Malaga fin juillet pour subir d’autres ajustements. Quant à sa commercialisation, Dimitri Voilmy l’espère pour bientôt, même s’il convient qu’en robotique « il y a toujours la volonté de mettre un cran d’innovation supplémentaire ». Quoi qu’il en soit, les robots intéressent de plus en plus les entreprises et établissements de santé. À l’instar de Pepper, Nao et Kompaï, Clara aura-t-elle la chance d’avoir une vie en dehors des labos ?

Clémentine Vignon

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