La revue didactique en médecine gériatrique

Pharmaco-épidémiologie – Usage des médicaments de ville en France durant l’épidémie de Covid-19 : point de situation jusqu’à mi-septembre 2020

Le groupement d’intérêt scientifique (GIS) EPI-PHARE constitué par l’ANSM et la Cnam a publié les résultats d’une étude de pharmaco-épidémiologie portant sur la dispensation sur ordonnance en pharmacie d’officine de médicaments remboursés pendant le confinement et jusqu’en septembre 2020, qu’ils soient en lien ou non avec le Covid-19.

Les résultats montrent qu’il n’y a pas eu de problème notable d’accès aux traitements des pathologies chroniques déjà prises en charge.

Sur ces 6 derniers mois, plusieurs exceptions sont toutefois à prendre en compte : les statines (-300 000 traitements) et les anticoagulants (-230 000 traitements), ainsi que des médicaments utilisés pour le traitement de pathologies lourdes et graves, comme la ciclosporine (-7  200 traitements), l’érythropoïétine (-20 000) ou le tramadol ( 210 000). On dénombre également près de 4 millions de délivrances en moins d’antibiotiques par rapport à 2019, bien que la situation se soit normalisée progressivement après le confinement.

Il y a une forte baisse de l’instauration de traitements pour de nouveaux patients pendant le confinement, et malgré une reprise en post-confinement, un déficit global des instaurations est observé sur l’ensemble de la période de mars à septembre.

De plus, la très forte diminution de la délivrance de produits nécessitant une administration par un professionnel de santé, déjà rapportée pendant et à la sortie du confinement, s’est poursuivie jusqu’en septembre.

On observe un effondrement des délivrances d’AINS (-7,2  millions), des IPP (souvent associés aux AINS ; -2,8  millions), des corticoïdes (-3,6 millions) et du paracétamol (-1,4 millions), qui peuvent s’expliquer par la moindre circulation d’autres agents infectieux du fait des gestes barrières.

À l’inverse, une utilisation plus importante de certaines classes thérapeutiques, déjà observée en fin de confinement, s’est poursuivie durant les mois qui ont suivi, en particulier les hypnotiques (+ 480 000 traitements) et les anxiolytiques  (+1,1 million de traitements). 

La surveillance réalisée par EPI-PHARE sera poursuivie jusqu’au retour à une situation normalisée. Les données seront régulièrement mises à jour et publiées sur les sites de l’ANSM, de la Cnam et d’EPI-PHARE.  

 

D’après le point d’information de l’ANSM du 19/10/2020.