La revue didactique en médecine gériatrique
 

Promouvoir le bon usage des antibiotiques en Ehpad : une nécessité de convergence des acteurs vers le juste recours

Résumé

Face à l’antibiorésistance, problème majeur de santé publique, des actions fortes sont nécessaires. En Ehpad, où réside l’une des catégories de la population la plus exposée aux antibiotiques, ces actions sont d’autant plus nécessaires que le diagnostic des infections est difficile. En effet, les manifestations cliniques sont souvent non spécifiques impliquant davantage de stratégies de la part des soignant(e)s.
En France, l’infirmier(e) occupe une place de choix dans la prise en charge des résident(e)s y compris le processus de recours aux antibiotiques par les médecins de ville. Le programme Atoum, à travers un ensemble de huit études, doit contribuer à promouvoir le juste recours aux antibiotiques en impliquant davantage l’infirmier(e) en lien étroit avec les prescripteurs, les familles et les résident(e)s en Ehpad.

 

Contexte & problématique

 

Contexte

Les personnes âgées de plus de 65 ans vivent en Ehpad lorsqu’elles sont dépendantes. En France, où la consommation d’antibiotiques est l’une des plus importantes d’Europe [1], la classe d’âge des plus de 65  ans est l’une des plus concernées par cette importante consommation [2]. En effet, cette catégorie de la population est plus sujette aux infections, justifiant la prescription d’antibiotiques lorsque l’étiologie bactérienne est retenue [3, 4]. Cependant, entre 25 % et 75  % de ces recours aux antibiotiques ne sont pas appropriés, conduisant à des conséquences aussi bien individuelles que collectives [5]. En dehors de l’allongement des hospitalisations et donc des coûts de santé, ce recours aux antibiotiques, fortement lié au processus de prescription, favorise l’antiobiorésistance [6]. Selon certains auteurs, en Ehpad, le processus de prescription est influencé par différents acteurs. Il s’agit non seulement du prescripteur, mais aussi des infirmier(e)s qui s’appuient sur les aides-soignant(e) s, des résident(e) s et des membres de leur famille [7]. En EHPAD, le diagnostic des infections peut être un véritable défi pour les soignant(e)s, non seulement du fait des manifestations cliniques souvent non spécifiques [8], mais aussi du fait des signes survenant le plus fréquemment chez des résident(e)s avec un déficit cognitif. Cette situation contribue, de ce fait, à renforcer le défi du diagnostic d’une infection en Ehpad [9]. Un second facteur associé à l’antibiorésistance est la mise en place de dispositifs invasifs comme les sondes urinaires qui peuvent entraîner une colonisation bactérienne [10]. Pour certains auteurs, l’interprétation d’examens réalisés de façon systématique, comme les tests rapides d’orientation (TROD), devant des urines troubles malodorantes, peut être source de recours non approprié aux antibiotiques [9, 11]. Ainsi, les interprétations inexactes de ces TROD devant certains tableaux cliniques vont justifier un diagnostic d’infection favorisant davantage la pression de sélection sur les antibiotiques [11]. Enfin, la non-observance des recommandations en vigueur est aussi un pourvoyeur d’antibiorésistance [12]. En référence à d’autres publications [13], Dylis et ses coauteurs donnent quelques explications [12], dont la peur du prescripteur de voir les signes s’aggraver chez un résident avec de nombreuses comorbidités [13].

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